Equipe de France : Les six axes de progression des Bleus après le rassemblement de mars en Ligue des Nations
- Le rassemblement du mois de mars a fermé ses portes pour les Bleus.
- L'équipe de France s'est qualifiée pour les demi-finales de la Ligue des Nations en battant la Croatie.
- 90min a relevé six axes de progression durant ce rassemblement des Français.
Par Ilies Peeters

Une défaite, une victoire. Ce fut un rassemblement mitigé dans les résultats, mais finalement, réussi. Car, d'une part, il y a cette qualification mémorable en demi-finale de la Ligue des Nations en éliminant la Croatie (2-2 au cumul, 5-4 aux tirs au but). Mais aussi, d'autre part, car les Bleus ont progressé dans six domaines précis. Les voici.
Les rassemblements de l'équipe de France manquaient cruellement de couleurs ces derniers mois. Mais ces Bleus, qui avaient très mal démarré ce premier rendez-vous de l'année 2025 en s'inclinant à Split face à la Croatie (2-0), ont fini par se réconcilier avec le public français en renversant les Vatreni au Stade de France dans une soirée folle (2-0, 5-4 T.A.B), mais nécessaire. Si tout n'a pas été parfait pour nos Tricolores, il y a bien plus de positif que de négatif à retenir de cette semaine internationale. Collectivement ou individuellement, cette équipe new look a montré de belles choses. A commencer par...
1. Un nouveau meneur de jeu
Le joueur qui a sans doute marqué le plus de points durant ce rassemblement est Michael Olise. Celui qui a reçu la note de 9/10 par 90min pour sa performance au Stade de France dimanche. Buteur sur coup-franc et passeur décisif pour Ousmane Dembélé, il a grandement contribué à la qualification des Bleus, même s'il n'a pas participé à la séance de tirs au but, lui qui est sorti lors des prolongations.
"Il m'a impressionné" nous souffle Luis Fernandez, ancien international français (1982, 1992), "mais cela ne me surprend pas. Il a joué en Angleterre, maintenant il évolue au Bayern Munich. Il connait l'exigeance du très haut niveau et il a toutes les qualités pour s'imposer en Bleu".
La comparaison avec Antoine Griezmann est immédiate. Didier Deschamps la refuse. "On ne peut pas comparer, ce sont deux joueurs différents. Au-delà de son coup franc direct, sa touche technique, je suis content pour lui. Ça laisse présager d’autres rendez-vous où après un match comme ça, il va gagner en confiance."
Les nombreux supporters présents au Stade de France dimanche et les téléspectateurs demandent surement à en voir plus en juin prochain. Pas sûr pour autant que Didier Deschamps ne poursuive dans ce 4-2-3-1 où Olise évoluait comme pur numéro 10...
2. Un système osé, mais réussi
Ce qui nous emmène au point suivant. Il avait bien caché son jeu, samedi lors de l'entrainement de veille de match. Personne, pas même les journalistes qui avaient partiellement observé la séance des Bleus au Stade de France, pouvaient imaginer que le sélectionneur français alignerait quatre joueurs offensifs dès le coup d'envoi. Pas son style. Du tout.
Mais les circonstances (retard au score, Adrien Rabiot blessé) et sa réflexion, sans doute, ont poussé Didier Deschamps à prendre un risque. Un 4-2-3-1 avec notamment le double-pivot formé par Aurélien Tchouaméni et Manu Koné - qui a gagné des points cette semaine au passage - et ces quatre offensifs. Dembélé et Barcola sur les ailes, Olise en soutien de Mbappé.
Une formule alléchante et inédite, qui s'est avérée être une réussite. Autant dans la créativité que dans le pressing. " L’adversaire était bien en attaque. La France nous a contraint à défendre. On n’a pas réussi à contrer. Ils nous pressaient très bien. Notre plan n'était pas de défendre autant et si bas" déclarait Dalic, sélectionneur croate, après le match retour.
Reste à savoir si ce dispositif sera conservé par Didier Deschamps face à l'Espagne en juin prochain lors des demi-finales de la Ligue des Nations.
3. Kylian Mbappé, pas décisif mais important
Alors qu'on célébrait ce dimanche un ultime hommage pour Olivier Giroud, meilleur buteur de l'histoire des Bleus, ce n'est pas lors de ce rassemblement que Kylian Mbappé (48 buts) s'est rapproché de l'ancien numéro 9 (57 buts). Le capitaine des Bleus n'a pas marqué dans ces deux matchs face à la Croatie. Cela n'a échappé à personne.
Mais son rassemblement - le premier depuis septembre dernier - va au delà des stats. Son méa culpa mercredi à Split au sujet de sa prise de parole de septembre, est peut-être plus important qu'un pion supplémentaire au compteur. "Je n'ai jamais eu de problème avec les critiques quand elles sont méritées et argumentées. Je n'ai pas été bon contre l'Italie, et ma conférence de presse n'a pas plu parce que je n'ai pas été rassembleur en tant que capitaine, je l'accepte. Le plus important c'est d'avancer et de ne pas refaire les mêmes erreurs. Parce que si tu ne répètes pas, on peut appeler ça une erreur. Si tu le refais, c'est volontaire."
Dans l'état d'esprit et sur le terrain, Mbappé a paru concerné. Au Stade de France dimanche, il a été le premier a tenté d'embarquer le public derrière les Bleus. C'est aussi lui qui a laissé le coup-franc à Olise, et a célébré en le mettant vers l'avant. Anecdotique pour certains, remarquable pour d'autres. Encourageant pour tous.
"Il a été un formidable leader, sur et en dehors du terrain" déclarait Deschamps dimanche juste après la qualification. "Il a fait preuve d'une grande volonté durant tout ce rassemblement" concluait le sélectionneur. Des paroles qui convergent vers celles d'Aurélien Tchouaméni ou de Jules Koundé, qui ont également soutenu leur capitaine publiquement en conférence de presse durant cette semaine bleue.
4. Une charnière trouvée
Dayot Upamecano avait à coeur de se montrer durant ce rassemblement. Arrivé lundi à 15h00 à Clairefontaine alors que les Bleus avaient rendez-vous à 16h00, le défenseur central a tout de suite montré sa détermination et son envie de bien faire. Il n'a pas eu sa chance immédiatement, mais elle est vite arrivée. Entré en jeu à la pause à Split jeudi lors de la défaite des Bleus face aux Croates (2-0), il a pris la place d'Ibrahima Konaté et démarré le match retour.
Avec William Saliba, il a formé la charnière centrale de l'équipe de France à Saint-Denis. Auteur d'un match plein, le Munichois a été l'un des meilleurs sur le terrain. Coïncidence ou non, Saliba a aussi semblé bien plus en confiance aux côtés d'"Upa", par rapport à son association avec Konaté à l'aller.
Premier arrivé à Clairefontaine, c'est lui qui a marqué le dernier tir au but pour qualifier les Bleus d'une frappe en lucarne. Un symbole auquel Didier Deschamps a dû préter grande attention.
5. Maignan, un dernier rempart rassurant
"Quand on a Mike, on part avec un avantage aux tirs au but". Kylian Mbappé ne plaisantait peut-être qu'à moitié après la qualification des Bleus dimanche soir. En l'espace de deux matchs, le portier français a repoussé un pénalty d’Andrej Kramaric à l'aller, et deux tirs au but de Martin Baturina et Josip Stanisic lors de la séance au Stade de France.
Une performance qui a fait rentrer le Milanais dans l'histoire des Bleus, lui qui est devenu le premier gardien français à remporter deux séances de tirs au but, après celle gagnée face au Portugal lors de l'Euro 2024. "Comme je dis souvent, c’est un duel psychologique. Là on arrive à la fin d’un match où les joueurs ont beaucoup couru, ont beaucoup donné et la lucidité n’est pas trop là. Donc l’important dans ces moments-là c’est de rester lucide, de prendre beaucoup de place dans le but et d’essayer de dominer. C'est vraiment dans la tête, dans les yeux, c’est un duel en un contre un." a-t-il déclaré à TF1 après la victoire.
En cas de futures séances, les Bleus se savent protégés. Les adversaires, eux, sauront aussi à qui ils ont à faire.
6. Réconciliation actée avec les supporters
"Demain, on a 80 000 personnes. En étant factuel, quelle équipe nationale joue dans un stade où il y a 80 000 personnes ?" Didier Deschamps avait raison, samedi, en conférence de presse de veille de match. Plus de 78 000 supporters étaient présents au Stade de France pour soutenir les Bleus. 6,9M devant leur poste de télévision. Des chiffres en hausse par rapport au match aller, qui n'avait réuni "que" 5M de téléspectateurs pour le match aller, quatre jours plus tôt.
La soirée de dimanche avait tout du moment parfait pour se réconcilier. On a d'abord eu droit à de l'émotion, lors de cet hommage pour Olivier Giroud présent au Stade de France accompagné de sa femme et de ses trois enfants. Un tifo, des applaudissements et même des feux d'artifice pour le meilleur buteur de l'histoire des Bleus.
Puis ce match. Prenant, intéressant, vibrant même. L'équipe de France a emmené les fans avec elle grâce à son jeu offensif bien rôdé. Les Bleus ont aussi été clairs dans leur langage corporel : ils avaient besoin du public pour renverser la Croatie. Les tribunes n'en ont que chanté plus fort. Et finalement, l'explosion. Après le stress de l'épreuve des tirs au but, une célébration commune entre les joueurs, le staff et les supporters, qui ont fait un pas vers l'autre dimanche, dans le but de se rabibocher complètement.
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